Sélection des meilleurs livres – septembre 2012 : François Dupuy, Marlène Schiappa, Claire Garnier et Laurent Le Bon, Ken Segall, Gilles Vervisch

En préparation

Lost in management – François Dupuy

Première impression : un livre paru en 2011… Seconde impression : … et primé en 2012

En résumé : Les entreprises sont en passe de perdre le contrôle d’elles-mêmes. Le pouvoir est descendu d’un ou plusieurs crans pour se disperser à la base, au niveau des intermédiaires et des exécutants. Et lorsque, poussés par une compétition grandissante, les dirigeants tentent de reprendre le contrôle par la mise en œuvre de « process » et de « reportings », le résultat est à l’inverse de l’effet escompté : plus les décisions se multiplient, moins le contrôle est grand..

Pourquoi le lire

En savoir plus avec le blog de l’auteur et son interview par L’Express

Eloge de l’enfant roi – Marlène Schiappa 

Première impression : inhabituel Seconde impression : forcément discutable mais indéniablement utile

En résumé : plaidoyer à contre-courant en faveur de l’enfant roi.

Pourquoi le lire :  ce livre ne convaincra évidemment pas les nombreux adversaires de l’enfant roi. Ce n’est d’ailleurs pas l’objectif de Marlène Schiappa. L’auteur souhaite avant tout rééquilibrer les termes du débat sur l’éducation des enfants en défendant l’idée qu’il existe une autre voix qu’un très hypothétique retour à l’éducation traditionnelle.

En savoir plus : une interview de l’auteur

1917 – Le catalogue de l’exposition du Centre Pompidou de Metz – Claire Garnier et Laurent Le Bon

Première impression : Une très, très belle couverture Seconde impression : Enfin une exposition grand public

En résumé :  guerre en toile de fond et toiles sur fond de guerre. Pendant que l’horreur sévit sur le front, l’art rompt les amarres avec l’histoire et la réalité. Rupture pendant une année clé du conflit : 1917.

Pourquoi le lire

En savoir plus : présentation de l’exposition par le Républicain Lorrain et critique du Monde

Apple, le secret d’une incroyable réussite – Ken Segall

Première impression : le regard d’un ancien colaborateur de Steve Jobs, c’est toujours intéressant Seconde impression : faire simple (le crédo de l’entreprise) c’est compliqué

En résumé : Toute sa vie, explique Ken Segall, Steve Jobs a lutté contre la complexité et l’entropie pour gérer sa société.

L’intérêt : l’histoire de Ken Segall est étroitement associé à celle de Steve Jobs. Ensemble, les deux hommes lancent l’Apple II, puis, lors du retour de Steve Jobs à la tête de l’entreprise en 1997, choisissent d’incarner la renaissance de la marque en adoptant le célèbre slogan « Think different ». Partisan, comme Steve Jobs, de la simplicité, Ken Segall propose dans son livre de tout réduire au strict nécessaire : les relations de travail et l’organisation de l’entreprise, le message et la cible marketing, le nom, la gamme et le design des produits… Il n’est pas jusqu’au concurrent que le publicitaire recommande, là encore, de simplifier. Son conseil : éviter de passer pas la case laborieuse du comparatif produit mais jouer plutôt de l’opposition entre deux personnalités. En apparence, ce plaidoyer présente toutes les apparences du bon sens. Les avantages de la simplicité sont légion : clarté, impact, mémorisation, cohérence, rapidité… Et pourtant quand Intel invente un nouvelle puce, l’entreprise préfère la nommer Centrino plutôt que de décliner le « ium » de son premier succès, Pentium. De même, quand Apple conçoit des iMac, iPhone et iPad, Dell commercialise des Inspirion, des Vostron et des Optidex.  Mais alors pourquoi tant d’entreprises font-elles compliqué quand tout devrait les conduire à opter pour la simplicité ? D’où vient cet étrange besoin d’obscurcir ? Pour une raison elle-même très simple : la simplicité n’a pas toujours une bonne réputation. Pêle-mêle, on lui reproche d’être trop pauvre, trop évidente, trop austère, trop directive… En un mot : trop risquée. La puissance et le succès n’y sont paradoxalement pas étrangers. Avec le temps, les entreprises  – et en premier lieu, leurs dirigeants – s’éloignent des préoccupations et de la vie quotidiennes. Les marques comme les entreprises deviennent inhumaines. Ou en tout cas moins humaines. Le jargon et les procédures de travail s’épanouissent. Les statistiques et les études prennent le pas sur la simplicité et l’originalité. Car, Ken Segall en est convaincu, l’un ne va jamais sans l’autre. Et Ken Segall de rappeler l’attachement de Steve Jobs à la célèbre réplique d’Henry Ford : « Si j’avais demandé à mes clients ce qu’ils voulaient, ils auraient répondu : un cheval plus rapide. » Un livre simple donc. Parfois trop, comme c’est souvent le cas avec ce genre de littérature. Mais à l’ère de la complexité, il n’est pas inutile de rappeler que ce n’est pas un hasard si la simplicité est toujours le fruit d’un long travail.

En savoir plus : la critique des Echos

Quelques grammes de philo dans un monde de pub – Gilles Vervisch

Première impression : un brulot anti-pub ? Seconde impression : une analyse des grands idéaux véhiculés par la pub

En résumé : plus un mode de vie, les marques véhiculent un idéal de vieune culture à part entière. En moins de deux cent pages, Gilles Vervisch procède au décryptage philosophique (et sociologiques) des slogans les plus célèbres sur le mode de l’ironie.

Pourquoi le lire

En savoir plus : le blog de Gilles Vervisch et l’interview de l’auteur

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