Belle et Bête de Marcela Iacub : de l’art ou du simple cochon ?

Que « Belle et Bête » de Marcela Iacub soit un livre polemique, voila qui ne fait de doute pour personne. Mais est-ce un objet litteraire ? Seuls quelques  rares critiques ont accepte de mettre leur morale de cote pour en juger. Ce qui ressort de leur analyse : un livre maladroit par bien des aspects mais loin d’etre ininteressant dans la demarche.

Le style

Jerome Dupuis de L’Express ne fait pas dans la dentelle et prefere tirer au canon :  » l’ouvrage regorge de formules incorrectes (« derniers délices », « délirer » utilisé comme un verbe transitif…), d’expressions inélégantes (« des fois », « plein de femmes »…), de phrases lourdes (« Qu’ils cherchent que l’objet de leurs désirs ait des beautés qui rachètent un acte qui peut être dégoûtant autrement ») et d’incessants verbes « être » débités comme autant de chapelets de saucisses. » Nelly Kaprietan des Inrocks egalement severe sur la forme note que le livre est « lourdement écrit ». Seul Jerome begle du Point juge, lui, que le « texte est plutôt bien écrit ».

Le genre

Scandaleux et nauseux ? Pour jerome begle du Point, le livre est « a ranger entre un très bon récit de Christine Angot (celui qu’elle n’a pas encore écrit) et Truismes le roman de Marie Darrieussecq, ce livre où l’on suit la transformation progressive de la narratrice en truie. » Et begle de nous rappeler le point de vue d’André Gide : « Ce n’est pas avec de bons sentiments qu’on fait de la bonne littérature. »Un avis que partage par Nelly Kaprietan des Inrocks : « la vraie littérature n’a jamais eu affaire avec le bon goût, plus souvent avec le scandale. Peut-etre concede Marie Chaudey de La Vie mais « C’est un peu court, et ennuyeux comme tout. Jouir du jouisseur, manipuler le manipulateur : un tour de force peut-être, mais littérairement stérile. »

L’histoire

Pour Nelly Kaprietan des Inrocks, « C’est peut-être, contre toute attente, l’une des limites du texte de Iacub ; ne pas être assez scandaleux pour passionner littérairement (…) Iacub oscille constamment entre deux pôles d’une équation (se présenter en sainte qui veut sauver un renégat, mais jouir d’être réduite au statut de truie, de rien, par un “porc”) qui n’est rien d’autre qu’un poncif misogyne, et conservateur, celui de la maman et la putain (…) Or la littérature se doit de travailler les clichés, pas de les véhiculer avec complaisance (…) La différence entre Angot et Iacub réside dans le plus important, leur approche de la vérité. Iacub, qui se présente aussi comme un Voltaire dévoilant la vérité de DSK, invente des scènes érotiques fantastiques. Or la vérité, cette quête que poursuit Angot de livre en livre, aurait consisté au contraire à les décrire telles qu’elles sont, sans le cache-sexe d’une métaphore (le léchage de cils), si poétique se veut-elle. »

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